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« Il faut dire les vraies affaires : les femmes voilées ont pas été congédiées, elles ont fait le choix de perdre leur emploi. »
menute.
La réalité des exclues
La Loi sur la laïcité de l’État ne vise pas un comportement fautif, ni du prosélytisme, ni un manquement professionnel. Elle vise une expression religieuse simplement visible, même lorsqu’aucune tentative d’influence n’est en cause.
Pour les femmes qui portent le hijab, il ne s’agit pas d’un accessoire interchangeable, mais d’une pratique religieuse enracinée dans une tradition pluriséculaire et souvent intériorisée dès l’enfance. Exiger son abandon comme condition d’accès à l’emploi public revient à leur nier leur identité profonde. Une identité, il convient de mentionner, sans incidence sur leur prestation de travail, leur investissement dans leur milieu.
Les effets d’exclusion professionnelle étaient connus et anticipés lors de l’adoption de la loi. Malgré cela, le gouvernement a choisi d’aller de l’avant. Dépeindre ensuite les exclues comme étant artisanes de leur propre malheur relève d’une effronterie indigne d’un Ministre.
Interventions utiles
Questions clé
- Sans la loi, ces femmes auraient-elles perdu leur emploi ?
- Est-ce selon vous facile pour ces femmes de retirer leur voile ?
- Pourquoi ces femmes ont-elles à faire ce « choix » ?
Relances possibles
- Forcer des citoyen·nes à renoncer à leur identité profonde juste parce qu’on la voit, est-ce digne d’une société libérale ?
- Les règles contre le prosélytisme ne suffisaient-elles pas déjà à encadrer la conduite générale ?
En fait.
Ce qui a été dit
Bernard Drainville, Ministre de l’éducation, dans une publication Facebook à propos des conséquences de la loi 94, a dit :
« Il faut dire les vraies choses. Les personnes qui ont perdu leur emploi pourraient encore travailler à l’école aujourd’hui si elles avaient choisi de retirer leurs signes religieux pendant les heures de travail. Elles n’ont pas été congédiées. Elles ont fait un choix personnel, en toute connaissance de la loi. C’est leur choix, et elles doivent en assumer les conséquences. »
Ce qui est sous-entendu
- Qu’une perte d’emploi forcée découle d’une décision libre et autonome.
- Que la responsabilité des conséquences repose sur les personnes qui en sont victimes.
- Que renier une identité profonde est une option facile, simple et raisonnable.
- Que l’exclusion professionnelle arbitraire est une conséquence normale et acceptable.
Et pourquoi, « menute » ?
Présenter comme un « choix » individuel l’abandon d’une pratique religieuse fondamentale normalise une laïcité d’exclusion et vient gommer sa dimension autoritaire.
Indices rhétoriques
- Déplacement de responsabilité
- Individualisation d’une décision politique gouvernementale
- Normalisation d’une exclusion professionnelle prévisible et assumée
- Confusion entre neutralité institutionnelle et uniformisation des individus
En bref.
Quand l’exclusion professionnelle est présentée comme un choix personnel, menute.