menute.

La réalité du contexte européen

Oui, il y a des cas où la ligne entre protection des minorités et répression d’opinions est floue et où l’appareil pénal a été utilisé d’une manière perçue comme abusive. Mais transformer ça en règle générale reste une simplification grossière. Le seuil d’intervention est très haut et relie presque toujours l’enquête à un facteur aggravant (harcèlement soutenu, menace crédible, ciblage de personne identifiée, récidive, etc.).

L’Europe fonctionne depuis toujours avec des restrictions plus fortes (diffamation, négationnisme, insultes, incitation). Même dans un climat de polarisation intense, les interventions policières ou pénales pour des opinions “offensantes” demeurent l’exception, pas la règle.

Interventions utiles

Questions clé

  • C’tu vraiment arrivé ça ?
  • C’tu arrivé juste une fois ?
  • Donne-moi l’exemple que t’as en tête.

Relances possibles

  • Pourquoi choisir ce sujet, si c’est juste « un exemple » ?
  • Ça se peut tu que soit une erreur policière ou juridique ?
  • Quelques cas sur une population de 70 millions, c’est pas « généralisé », non ?

En fait.

Ce qui a été dit

Mathieu Bock-Côté à Tout le monde en parle, dans une discussion sur la liberté d’expression et les lois européennes, a dit :

« En Grande-Bretagne, aujourd’hui, vous pouvez avoir la police qui cogne chez vous à 6h00 du matin parce que y a 6 mois, un an, deux ans, vous avez un fait un tweet que les autorités officielles disent c’est un tweet haineux. […] si vous affirmez par exemple, que jamais un homme ne pourra accoucher, c’est un propos haineux. »

Ce qui est sous-entendu

  1. Les revendications des minorités représentent un danger imminent de totalitarisme et une menace grave à la liberté d’expression.
  2. Vous pourriez en être la prochaine victime pour avoir simplement exprimé une opinion courante.

Et pourquoi, « menute » ?

La déclaration se présente comme une généralisation hâtive, combinée à un appel à la peur. Le risque de tromper l’auditoire est suffisant pour couper court et interroger l’affirmation.

Indices rhétoriques

  • Anecdote hypothétique présentée comme preuve d’une tendance massive
  • Omission systématique du contexte ou des circonstances aggravantes
  • Langage dramatique et émotif (« 6h00 du matin », « cogne à la porte »)
  • Appel à la peur personnelle (« ça pourrait être vous ! »)
  • Aucune donnée statistique ou source vérifiable

En bref.

Quand on présente une situation choquante comme si elle était courante, menute.